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Gloire au Normandie Niemen
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Yourodivi
2010-08-24 16:46:56 UTC
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extraction du site http://www.ordredelaliberation.fr/fr_unite/normandie.html


Le Régiment de chasse "Normandie-Niemen"


Dès l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, le général de Gaulle
envisage d'envoyer des soldats français combattre sur le front de l'est.
Quinze mois plus tard, en septembre 1942, une troisième unité de chasse des
Forces aériennes françaises libres (après la formation un an plus tôt des
groupes Alsace et Ile-de-France) voit le jour : le Groupe de chasse n° 3
Normandie. Constitué à Damas, sous les ordres du commandant Pouliquen et du
commandant Tulasne, le groupe est rapidement informé qu'il a été choisi pour
marquer la présence de la France auprès des Soviétiques et aller combattre
sur le Front de l'Est.

En novembre 1942, les premiers pilotes et mécaniciens partent du Liban pour
l'Union soviétique qu'ils atteignent après un périple de plus de quinze
jours. La première base se trouve à Ivanovo, à 250 kilomètres au nord-est de
Moscou. Là, les Français vont percevoir des avions russes et s'entraîner sur
Yak 7 biplace et Yak 1 monoplace. Le choix, laissé à l'appréciation du
commandement français, se porte sur le Yak 1.


Les conditions climatiques, très rudes, sont difficilement supportables, les
températures variant entre -25° et -30°. L'entraînement des 58 Français,
pilotes et mécaniciens se prolonge jusqu'au mois de mars 1943. Le 22 mars
1943, l'unité s'envole avec ses 14 Yak pour s'installer à une centaine de
kilomètres au sud-ouest de Moscou, sur la base de Polotniane Zavod. Le dégel
rend les décollages et les atterrissages très périlleux, d'autant plus que
les pistes ne sont, le plus souvent, que de simples champs ; il faut trois
hommes sous chaque aile pour rouler les avions sur la piste. Le terrain de
Polotniane Zavod est distant de 50 km du front.

L'aviation opère très près des premières lignes, pour une plus grande
efficacité, en l'absence de tout moyen de contrôle radioélectrique. Les
premiers succès des pilotes français chargés d'escorter les bombardiers
russes ne tardent pas. Le 5 avril Préciozi et Durand abattent chacun un
Focke Wulfe 190. Le 13 avril trois nouvelles victoires s'ajoutent au tableau
de chasse de l'unité. Les missions se succèdent avec plusieurs nouvelles
victoires mais également plusieurs pertes parmi les pilotes du Normandie.


Courant juillet 1943, l'escadrille entre vraiment dans le feu de l'action,
avec la terrible bataille de Koursk. Les missions se suivent sans
interruption. Du 13 au 17, le Normandie exécute 112 sorties et abat 17
appareils allemands. Ces victoires sont chèrement acquises au prix de la
perte de six pilotes dont le commandant Tulasne, porté disparu le 17 juillet
près d'Orel.
Le commandant Pouyade, qui a rejoint l'unité le mois précédent, en prend le
commandement. Début août les mécaniciens français sont remplacés par des
mécaniciens russes alors que des Yak 9 viennent remplacer les Yak 1 des
pilotes. Le front bouge vers l'ouest. Le 22 août, c'est la bataille pour
Smolensk. Surprenant trois pelotons de Stukas escortés d'une douzaine de
Focke-Wulf 190, le groupe de chasse abat cinq avions en quelques secondes,
sans enregistrer la moindre perte.

Le 1er septembre 1943, le Groupe totalise 42 victoires homologuées. Le 22
septembre, en dix-sept sorties, les pilotes français abattent neuf appareils
ennemis, Joseph Risso réussissant un magnifique doublé. Au moment de prendre
ses quartiers d'hiver à Toula, au sud de Moscou, en novembre 1943, le
Normandie enregistre déjà 72 victoires. Au repos, il reçoit des renforts qui
sont encadrés principalement par Marcel Albert et Marcel Lefèvre. Le 7
février 1944, le groupe devient, appellation inédite en France, le Régiment
Normandie. Il est formé de trois escadrilles (Rouen, Le Havre et Cherbourg)
commandées respectivement par les lieutenants Albert, Mourier et Lefèvre.


Après une accalmie, début 1944, l'offensive reprend en juin. En moins de
trois semaines, les troupes soviétiques s'enfoncent de plus de 200
kilomètres vers l'ouest. Et c'est le passage du fleuve Niemen. Les combats
sont terribles. Le comportement exemplaire du Régiment lui vaut de recevoir,
le 21 juillet 1944, du maréchal Staline le nom de Niemen.

Dès lors, le Régiment prend le nom de Normandie-Niemen. Puis, ce sont les
combats en Prusse orientale, avant les quartiers d'hiver. Le 12 décembre
1944, le commandant Delfino prend le commandement du Normandie quelques
jours après que le général de Gaulle, en déplacement à Moscou, a remis la
croix de la Libération au Régiment. Les combats reprennent pour une
troisième campagne en Prusse orientale et en Pologne, et c'est enfin la
capitulation allemande le 9 mai 1945. Début juin 1945, en récompense du
comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le
maréchal Staline fait don aux survivants de leurs avions Yak 3 qui se posent
le 20 juin au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir en héros.
Le Normandie-Niemen, grâce au sacrifice de presque la moitié de ses pilotes,
42 tués sur 97, devient la première formation de chasse française avec ses
273 victoires homologuées et 37 probables (auxquelles s'ajoutent bon nombre
de véhicules détruits) obtenues au cours de 5 240 missions et 869 combats.
Il a compté dans ses rangs 21 compagnons de la Libération. Le 3 juillet
2009, Le Régiment Normandie-Niemen est officiellement dissous.


Chevalier de la Légion d'HonneurCompagnon de la Libération - décret du 11
octobre 1943Médaille MilitaireCroix de Guerre 1939-45 (6 citations)Ordre
d'Alexandre Nevski (URSS)Ordre du Drapeau Rouge (URSS)Ordre de Lénine
(URSS)Étoile d'Or de Héros de l'Union Soviétique (URSS)Ordre de la Guerre
pour le Salut de la Patrie (URSS)Ordre de l'Étoile Rouge (URSS)Médaille de
la Victoire (URSS)


Les Compagnons de la Libération du Régiment de Chasse Normandie-Niémen

ALBERT Marcel
11-04-1944

BEGUIN Didier
08-11-1944

BERNAVON Adrien, Félix
11-10-1943

CASTELAIN Noël, Michel
23-06-1941

DURAND Albert
11-04-1944

FELDZER Constantin
28-05-1945

JOIRE Jules, Paul, Marie, Joseph
28-05-1945

LEFEVRE Marcel
11-04-1944

LITTOLFF Albert
23-06-1941

MAHE Yves, Alexandre, Eugène
20-01-1946

MATHIS Jacques
20-11-1944

MOURIER Yves, Marie, François
16-10-1945

MOYNET André, Rémy
17-11-1945

POULIQUEN Joseph, Marie, Guillaume
16-10-1945

POUYADE Pierre, Aymé
10-12-1943

POYPE de la Roland
29-12-1944

REY Jean
11-04-1944

RISSO Joseph, Michel
29-12-1944

TEDESCO (de) Jean
11-10-1943

TULASNE Jean, Louis
11-10-1943

VERMEIL Firmin
11-10-1943



Biographie

Marcel Albert
Marcel Albert est né le 25 novembre 1917 à Paris dans le 13e arrondissement.
Il entre très jeune aux Usines Renault comme ouvrier métallurgiste.
Passionné d'aviation, il obtient de l'État une bourse de pilotage et passe
ainsi son premier et deuxième degré.
En avril 1938, il contracte un engagement de trois ans au titre du Bataillon
de l'air n°105. Il obtient, le 25 juillet, son brevet de pilote militaire et
est affecté à la base aérienne d'Istres pour suivre les cours d'élève
sous-officier du personnel navigant, en qualité d'élève pilote de carrière.
Après plusieurs mois passés à la 5e compagnie du Bataillon de l'Air 125, le
sergent Marcel Albert est affecté à la 1ère Escadre de chasse, à Étampes.
Le 7 septembre 1939, il est envoyé comme instructeur au Centre de formation
des pilotes de chasse à Chartres.

Il intègre ensuite, le 15 février 1940, le Groupe de chasse 1/3 et accomplit
dans ses rangs une brillante campagne de France. Le 14 mai 1940, il se
distingue en abattant un appareil allemand et en en attaquent un second
(victoire probable) le 21 mai. durant laquelle il effectue 37 missions de
combat.
En octobre 1940 son groupe est affecté aux troupes d'Afrique du Nord, à
Oran. Il y effectue 15 missions et signe un nouvel engagement de cinq mois
en avril 1941 puis un autre d'un an en août.
Refusant à la fois la défaite et l'inactivité, Marcel Albert, le 14 octobre
1941, jour de sa promotion au grade de sergent-chef, profite d'un exercice
de vol pour rejoindre Gibraltar avec son Dewoitine 520 en compagnie de deux
autres pilotes du Groupe de chasse 1/3, Marcel Lefèvre et Albert Durand.
De Gibraltar, tous trois embarquent sur une corvette à destination de l'Angleterre.
Le voyage est périlleux, plusieurs bateaux du convoi sont coulés, et ils
participent au sauvetage des rescapés.
Marcel Albert débarque sur le sol britannique en décembre 1941 et s'engage
dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL), un mois après avoir été
condamné à mort par contumace par le tribunal militaire d'Oran.
Muté au centre d'instruction de Camberley, en janvier 1942, il est nommé
aspirant au mois de mars. Il intègre alors une escadrille d'entraînement de
la Royal Air Force, le 61 Operational Training Unit (61 OTU).
En mai 1942, Marcel Albert rejoint ensuite le Groupe de chasse "Ile de
France" avec lequel il effectue quarante-sept missions de guerre.
Il se porte ensuite volontaire pour le front soviétique et rejoint, en
octobre 1942, le Groupe de chasse Normandie, alors en formation à Rayak au
Liban. Il y retrouve ses deux camarades Marcel Lefèvre et Albert Durand.
En URSS, il est promu sous-lieutenant en décembre 1942 et remporte sa
première victoire le 16 juin 1943 et quatre autres le mois suivant.
Le 5 septembre 1943 il prend le commandement de la première escadrille du
Normandie avant d'être nommé lieutenant quelques jours plus tard.
Les victoires se succèdent et Marcel Albert en remporte sept dans le seul
mois d'octobre 1944.
Il a rempli en URSS 199 missions de chasse et détient le record des
victoires du Normandie Niémen. Ses coups d'éclat au sein de cette unité lui
vaudront le titre de second as français de la seconde guerre mondiale avec
24 victoires aériennes homologuées en 1131 heures de vol.
Marcel Albert est promu capitaine en décembre 1944 et termine la guerre à 28
ans avec la cravate de commandeur de la Légion d'Honneur, en étant Compagnon
de la Libération et Héros de l'Union soviétique.
A son retour en France avec le Normandie Niémen, en juin 1945, il est
détaché au Centre d'essais en vol de Brétigny.
En 1947, il est nommé commandant et attaché de l'Air auprès de l'ambassade
de France à Prague.
Il quitte l'armée d'active avec le grade de capitaine en septembre 1948
avant de s'installer aux États-Unis où il crée une chaîne hôtelière.

. Grand Officier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret
du 11 avril 1944. Croix de Guerre 1939-1945 (15 palmes, 3 étoiles de
vermeil). Médaille de la Résistance avec rosette. Héros de l'Union
Soviétique (URSS). Ordre de Lénine (URSS). Ordre du Drapeau Rouge (URSS).
Ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS). Croix de Guerre
(Tchécoslovaquie)


BÉGUIN Didier
Didier Béguin est né le 14 décembre 1918 à Paris.
Engagé en avril 1937 dans l'armée de l'air, il est affecté à l'école de
pilotage de Bourges où il passe son brevet de pilote.
Caporal-chef puis sergent, il est affecté en janvier 1938 au Groupe aérien d'observation
507 à Luxeuil-les-Bains.
Au moment de la déclaration de guerre, il se trouve avec son groupe sur le
front de l'Est et effectue 6 missions sur Mureaux 115 dans les premiers mois
de la guerre.
Début 1940, il suit le cours préparatoire au peloton d'élève officier à
Tours, puis effectue un stage de transformation sur Potez 63 à
Toulouse-Francazals au moment de l'Armistice.
Refusant la défaite, il décolle, le 22 juin 1940 de Toulouse-Francazals à
destination de l'Angleterre aux commandes de son Caudron Goéland avec le
lieutenant Roques et les aspirants Schloesing, Ricard-Cordingley et
Casparius.
Malgré les tirs de la DCA française, l'appareil met le cap à l'Ouest et
parvient, à court d'essence, à se poser dans le Devonshire.
Rallié immédiatement aux Forces françaises libres, il fait un court passage
à Saint-Atham et Odiham avant d'être envoyé en Operationnal Training Unit à
Sutton Bridge. Affecté le 15 octobre 1940 à 245 Squadron, il est promu
adjudant le 1er novembre.
Muté au 213 Squadron à Tangmere puis, en avril 1942, au 253 Squadron, il
effectue 207 missions de guerre dont 65 de nuit.
Volontaire pour servir au groupe de chasse n°3 "Normandie" dès la création
du groupe en juillet 1942, il parvient en URSS, via le Moyen-orient, le 23
novembre 1942. Il vole en reconnaissance dès le mois de décembre 1942 et
s'entraîne de janvier à avril 1943.
Il commence ensuite ses premières missions d'escorte et de protection. Le 23
juin, il endommage un Focke Wulf 189.
Il participe en juillet 1943 à la bataille d'Orel : le 14 et le 16, il abat
deux appareils en collaboration avant d'être descendu en vol et blessé le
17.
Reprenant ses opérations, Didier Béguin abat un Junkers 87 le 30 août et,
promu capitaine en septembre, prend le commandement de l'Escadrille "Le
Havre". Le 15 septembre il abat un nouvel appareil en collaboration puis un
autre, seul cette-fois, le 22.
Épuisé, il est rapatrié après son tour d'opération et quitte l'URSS en
février 1944. Il a remporté 6 victoires aériennes et une probable.
Après une période de repos puis un stage à l'OTU 53 en juin 1944, il reprend
le combat sur le front occidental avec le 130 Squadron en août 1944.
Le 10 octobre 1944, il prend le commandement de l'escadrille "Strasbourg" du
groupe de chasse "Alsace" (341 Squadron).
Didier Béguin totalise 338 missions de guerre, lorsqu'il est abattu à la
tête de son escadrille par la DCA dans la région d'Arnhem (Hollande) le 26
novembre 1944. Son corps n'a pas été retrouvé.
. Chevalier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du 8
novembre 1944. Croix de Guerre 1939-45 (7 citations). Médaille de la
Résistance. Ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS). Ordre du
Drapeau Rouge (URSS)



BERNAVON Adrien, Félix
Adrien Bernavon est né le 11 décembre 1912 à Lyon.
Pilote de carrière, l'adjudant-chef Bernavon se révèle dès 1939 comme un
combattant de grande valeur.
Sur Morane-Saulnier 406, il abat trois Dornier 17 et probablement trois
autres appareils au cours de la campagne de France avec le Groupe de chasse
II.
Volontaire pour l'Indochine, il participe, avec l'escadrille 2/595 sous les
ordres du capitaine Pouyade, aux opérations contre la Thaïlande et prend une
part active à la résistance intérieure contre les Japonais.
Sur le point d'être arrêté, il réussit en octobre 1942 à s'évader
d'Indochine, à bord d'un Potez 25 qui tombe en panne en pleine jungle.
Arrêté par les troupes chinoises il est emmené à pied à travers la montagne
dans des conditions très difficiles jusqu'à la province du Yunnan. Interné
dans un camp de prisonnier, il est libéré par l'intervention du capitaine
Pouyade, évadé quelques jours avant lui.
Après un long périple, il rejoint les Forces françaises libres au Caire et
se porte volontaire pour le Groupe "Normandie". Il rejoint l'URSS le 10 mai
1943. Volontaire pour toutes les missions, blessé le 13 juin 1943, il
reprend sa place à l'escadrille pour participer à l'offensive sur Orel.

Le 16 juillet 1943, alors qu'il attaque avec sa patrouille, dans la région
de Krasnikovo, à environ 50 kilomètres d'Orel, un peloton de 15 bombardiers
allemands Junkers 87 Stuka protégés par des chasseurs supérieurs en nombre,
le sous-lieutenant Bernavon disparaît. Son corps n'a pas été retrouvé.
A son palmarès, 1 585 heures de vol, 76 missions de guerre, 4 victoires
officielles, 2 probables.

Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 11 octobre 1943
Médaille Militaire
Croix de Guerre 1939-45 (3 citations)
Ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie



CASTELAIN Noël, MichelNoël Castelain est né le 30 octobre 1917 à Niort
(Deux-Sèvres).

Il s'engage dans l'aviation en 1936.
Quand la guerre éclate, il vient d'être nommé sergent pilote à l'École de
chasse d'Avord.
En mai 1940, l'école repliée à la Rochelle reçoit l'ordre de partir vers le
sud. Apprenant l'armistice, il embarque avec ses camarades de l'école
d'Avord sur un bateau norvégien, Le Talberg, gagnant le Maroc. Finalement,
de Casablanca, le petit groupe réalise que l'Afrique du Nord suivra
l'armistice et embarque donc à nouveau, sur un bâtiment, l'Anadyr, évacuant
des troupes polonaises vers l'Angleterre.
Après une halte à Gibraltar, les élèves pilotes parviennent en
Grande-Bretagne début juillet 1940.

En Angleterre, Noël Castelain s'engage dans les Forces aériennes françaises
libres. Envoyé au camp de Saint-Athan, il se lie d'amitié avec Albert
Littolff qui compte déjà 4 victoires aériennes lors de la campagne de France
et lui prodigue de précieux conseils. Noël Castelain est d'ailleurs
sélectionné le 17 juillet pour faire partie des dix premiers sous-officiers
envoyés à l'Operationnal Training Unit (OTU) de Sutton-Bridge.
Volontaire pour servir en Afrique avec le Groupe mixte de combat n° 1 du
lieutenant-colonel de Marmier, il embarque à bord du S/S Penland et
participe, en septembre 1940, à l'expédition de Dakar puis au débarquement à
Douala au Cameroun.
De là, il est acheminé vers le Caire, où se forme, sous les ordres du
lieutenant James Denis, une escadrille de chasse, noyau du futur groupe
Alsace, équipée de Hurricane par la Royal Air Force. Après la reprise de l'entraînement
à Ismaïlia, le sergent-chef Castelain est affecté avec ses camarades au 33
Squadron qui opère en Grèce.
Pour éviter toute difficultés politiques en Grèce où la représentation
diplomatique française est encore assurée par le gouvernement de Vichy, les
pilotes français sont renvoyés, sans avoir combattu, en Afrique sur décision
britannique.
Le 9 avril 1941, l'unité, envoyée en Libye, prend, à Tobrouk, le nom d'Escadrille
de chasse française n°1 (EFC 1). Intégrée au 73 Squadron de la RAF, elle
participe à la campagne de Libye ; Noël Castelain abat, au cours de ces
opérations, un appareil ennemi au-dessus de Tobrouk.
Abattu à son tour par la DCA allemande le 23 avril 1941, il parvient tant
bien que mal à regagner sa base mais il est grièvement blessé à l'atterrissage,
et est envoyé en traitement à l'hôpital de Tobrouk.
Dès sa guérison, l'adjudant Castelain reprend le combat en Égypte, et est
affecté brièvement aux liaisons aériennes militaires puis au Groupe de
chasse n°1 "Alsace" en juin 1942.
Ensuite, tout comme Albert Littolff, il se porte volontaire pour le groupe
de chasse n° 3 "Normandie" dès sa création en octobre 1942.
Promu sous-lieutenant, il parvient en Russie avec son unité et participe à
toutes les opérations du printemps 1943 en Union soviétique et remporte 6
victoires aériennes en 3 mois.
Au cours d'une mission sur le Front soviétique le 16 juillet 1943, à
l'attaque de 15 bombardiers allemands protégés par des chasseurs supérieurs
en nombre dans la région de Krasnikovo près d'Orel, le sous-lieutenant
Castelain disparaît en combat aérien en même temps que le capitaine
Littolff.
Noël Castelain totalise à sa mort 1100 heures de vol et 129 missions de
guerre.

. Chevalier de la Légion d'Honneur . Compagnon de la Libération - décret du
23 juin 1941 . Croix de Guerre 39/45 (5 citations) . Médaille Coloniale avec
agrafe "Libye" . Médaille des Blessés . Ordre de la Guerre pour le Salut de
la Patrie (Soviétique)


DURAND Albert
Albert Durand est né le 16 septembre 1918 à Grasse dans les Alpes-Maritimes.
Inscrit très jeune à l'aéro-club de Provence, il y passe son brevet de
pilote civil. En avril 1938, il effectue à l'école élémentaire de Nîmes ses
premières heures de vol et est breveté pilote militaire en juillet 1938
avant d'être affecté en escadrille de chasse à Sidi-Ahmed en Tunisie.
Nommé caporal en octobre 1938 puis sergent en février 1939, il est affecté
six mois plus tard au GC III/I au moment de la déclaration de guerre.
Son groupe est envoyé sur le front en décembre 1939, dans le Nord près de
Saint-Omer. Le 10 mai 1940, le sergent Durand, après une longue poursuite en
rase-mottes, abat son premier appareil ennemi, un Heinkel 111.

Il continue le combat jusqu'en juin 1940 et, titulaire de 4 victoires
aériennes, est surpris par l'armistice à Salon-de-Provence.
Placé en congé d'armistice en novembre 1940, il retourne travailler dans
l'entreprise de son père. Quelques mois plus tard, en juillet 1941, il
obtient d'être affecté au groupe de chasse I/III stationné à Oran.
Le 14 octobre 1941, avec deux camarades pilotes de son groupe de chasse,
Marcel Albert et Marcel Lefèvre, le sergent-chef Durand profite d'un
exercice pour s'envoler vers Gibraltar où les trois hommes arrivent chacun
aux commandes de son appareil. Durand, victime de problèmes d'hélice, doit
se poser en territoire espagnol (la Linéa) mais il repart et se pose en
territoire anglais.
Dès son arrivée en Angleterre, en décembre 1941, Albert Durand signe son
engagement dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL). Envoyé au
centre d'instruction de Camberley le 1er janvier 1942, il est ensuite
affecté, en mars 1942, comme aspirant, à l'Operationnal Training unit n° 61
et enfin, le 15 mai, au Squadron 340 "Ile-de-France".
L'aspirant Durand remplit de nombreuses missions avec son groupe avant de se
porter volontaire pour combattre sur le front soviétique et de rejoindre le
GC "Normandie", alors en formation à Rayack au Liban.
Il arrive en URSS, à Ivanovo, le 29 novembre 1942. A l'entraînement jusqu'à
la mi-mars, le sous-lieutenant Durand est considéré comme un des meilleurs
pilotes du groupe. Le 5 avril 1943, il obtient avec Albert Preciozi, la
première victoire du "Normandie".
En juillet 1943, il participe brillamment à la rude bataille d'Orel.
Titulaire de 11 victoires aériennes dont 10 homologuées, il a accompli 180
missions de guerre lorsque, le 1er septembre 1943, il disparaît au cours
d'un combat aérien au-dessus de Ielnia.
. Officier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du 11
avril 1944. Croix de Guerre 39/45. Ordre de la Guerre pour la Patrie (URSS)

FELDZER Constantin
Constantin Feldzer est né le 12 octobre 1909 à Kiev, en Russie, d'un père
avoué.
Il suit des études à Paris au lycée Michelet puis à l'École Bréguet. Il
reçoit la nationalité française en mai 1928.
Breveté pilote à l'école Blériot à Buc, il effectue son service militaire
dans l'aviation en 1929 et devient pilote militaire.
Sergent pilote à la 1ère Escadre de chasse à Villacoublay en 1936, il est
volontaire pour convoyer des avions de chasse modernes en Espagne pour venir
en aide aux Républicains espagnols.
En septembre 1939, l'adjudant Feldzer est pilote au Groupe de chasse 3/10 à
Saint-Inglevert, et participe à la campagne de France où il montre des dons
exceptionnels.
Ainsi, le 14 mai 1940, il dégage un de ses camarades en danger et, attaqué
lui-même par un Messerschmitt 109, il l'abat à bout portant.
Persuadé que la guerre va se poursuivre en Afrique du Nord, il abandonne son
groupe à Clermont-Ferrand le 17 juin 1940, emmenant 3 pilotes de réserve et
6 pilotes polonais du Groupe jusqu'à Alger. Le 11 novembre 1940, avec
plusieurs camarades démobilisés, Constantin Feldzer décide de s'évader et de
gagner Gibraltar à bord du bateau Le Saint Pierre, affrété par Christian
Martell.
Embarqués de nuit, ils mettent le cap sur Marseille pour se diriger ensuite
sur Gibraltar. Pris par la tempête, ils dérivent vers les Baléares. Après un
calme relatif, le bateau étant remis en état, ils reprennent la direction
première mais, de nouveau, un vent violent les pousse dans le sens opposé et
ils reviennent vers les îles pour, finalement, s'échouer sur la côte
d'Ibiza. Arrêtés par les miliciens espagnols, ils sont internés puis
extradés en France un mois plus tard.
Constantin Feldzer s'évade à nouveau à Céret le 20 décembre 1940 et, sous le
nom de Raymond Demarre, s'embarque à Port-Vendres. De nouveau arrêté à
Alger, il est placé en résidence surveillée puis condamné par le Tribunal
maritime à un an de prison et détenu à Bizerte, à Tunis et au bagne de
Teboursouk. Transféré à l'hôpital du camp après une grève de la faim de sept
jours, il est finalement libéré le 25 mai 1942.
Réintégré dans un groupe de chasse, il est encore condamné à deux mois de
prison pour avoir apporté son soutien au débarquement anglo-américain en
Afrique du Nord. Il entre le 1er janvier 1943 au Groupe de chasse 2/7 sur
Spitfire et participe à la campagne de Tunisie où il effectue 40 missions de
guerre. Le 11 juin 1943, en mission de couverture sur l'île de Pantellaria,
il abat un JU-88.
Affecté au Groupe de chasse 3 "Normandie", en opération en URSS, Feldzer
participe comme chef de patrouille aux opérations victorieuses de 1944 sur
Vitebsk, Orcha, Minsk, la Bérézina et le Niémen, effectuant 30 missions
offensives dont 10 missions de protection.
Il est abattu le 1er août 1944 au dessus d'Eidtkunein en Prusse Orientale,
au cours d'un engagement entre 5 Yak du Normandie et 12 F.W.190. Il saute en
parachute et est fait prisonnier. Blessé et brûlé, il reste aveugle pendant
8 jours. Porté disparu, il est en fait incarcéré successivement aux camps de
prisonniers de guerre soviétiques de Lodz, Nuremberg, puis d'Aschaffenburg.
Il s'évade le 6 mars 1945 avec deux officiers soviétiques et traverse le 25
mars le front germano-américain près de Darmasdt. Le 30 juin 1945, il se
porte volontaire pour combattre contre le Japon.
Ses sentiments anti-vichyssois ayant stoppé son avancement, il ne termine la
guerre qu'avec le grade d'aspirant.
Il poursuit sa carrière dans l'armée de l'air comme conservateur adjoint au
Musée de l'Air en 1945.
Placé en congé du personnel navigant, il devient constructeur de maison pour
l'Abbé Pierre en 1955 puis est chargé des innovations et des relations
franco-soviétiques aux Charbonnages de France.
Dans les années soixante-dix, Constantin Feldzer est chargé des relations
franco-soviétiques à la Banque de Suez et correspondant de la revue Aviation
International à Moscou.
Constantin Feldzer est décédé le 29 décembre 1988 à Paris. Il a été inhumé
au cimetière du Père Lachaise.
. Commandeur de la Légion d'Honneur . Compagnon de la Libération - décret du
28 mai 1945 . Croix de Guerre 39/45 (5 citations) . Médaille de la
Résistance avec rosette . Médaille des Blessés . Médaille des Evadés .
Médaille de l'Aéronautique . Ordre de la Guerre pour la patrie (1er degré)
(URSS) . Ordre de la Guerre pour la patrie (2e degré) (URSS) . Médaille de
la Victoire (URSS) . Ordre du Mérite Aérien (Brésil


Jules JOIRE
Jules Joire est né le 29 août 1914 à Roubaix dans le Nord.
Admis en octobre 1934 à l'Ecole de pilotage d'Istres dans le cadre de son
service militaire, il obtient rapidement son brevet de pilote et est affecté
en décembre 1935 au Groupe de chasse 1/4.
Rendu à la vie civile en octobre 1936, il travaille dans la banque tout en
effectuant des périodes volontaires au Groupe aérien d'observation de Lille.
Mobilisé en août 1939, il retrouve le GC 1/4 à Reims et sert comme sergent
pilote à la 1ère escadrille. Il participe à la campagne de France et, avec
son Curtiss H 75, il effectue 80 missions et remporte 6 victoires aériennes
au-dessus du Nord, de la Belgique et des Pays-Bas entre le 10 et le 22 mai
1940.
Le 25 mai, il est blessé en combat aérien au-dessus de Beauvais ; touché par
deux balles, il est évacué sur Argentan puis sur Douarnenez dans le
Finistère.
Refusant la défaite, il quitte l'hôpital malgré sa blessure. Le 18juin1940,
il parvient à gagner l'Angleterre en embarquant, à Douarnenez, à bord d'un
langoustier, le Trébouliste, qui, sous la direction du lieutenant Pinot,
évacue les moniteurs et une centaine d'élèves pilotes volontaires des écoles
de pilotage 23 et 27.
Il parvient à Falsmouth le 22 juin et s'engage dans les Forces aériennes
françaises libres et est envoyé en stage à l'Operationnal Training Unit n° 6
de Sutton Bridge. Volontaire pour servir au Groupe mixte de Combat n°1 du
lieutenant-colonel de Marmier, il prend part à l'expédition de Dakar à bord
du porte-avions Ark Royal.
Le 23 septembre 1940, en compagnie d'autres appareils, il décolle de l'Ark
Royal, à bord d'un Caudron Luciole pour une mission de liaison avec les
forces de Vichy devant les convaincre de rallier le général de Gaulle. Après
une courte fraternisation sur l'aérodrome de Ouakam (Dakar), il est fait
prisonnier avec ses camarades parmi lesquels Jacques Soufflet et Fred
Scamaroni, et emmené en captivité par les autorités de Vichy dans des
conditions humiliantes et pénibles. En décembre 1940, il est rapatrié en
France, via Alger, avec ses camarades.
Bénéficiant d'un non lieu, il est libéré en janvier 1941. Dès lors, il n'a
qu'une idée en tête : retrouver un unité combattante. Après plusieurs
tentatives, il parvient à gagner l'Afrique du Nord en passant par l'Espagne
début janvier 1943. Fait prisonnier par les autorités franquistes, il passe
plusieurs mois à la prison de Pampelune puis en résidence surveillée. Par
Gibraltar, il arrive finalement en Algérie le 14 mai 1943.
Il se porte immédiatement volontaire pour servir au Groupe de chasse n° 3
"Normandie" qui combat en URSS. Il rejoint sa nouvelle unité à Sloboda début
octobre 1943. Affecté à la 2e escadrille, il apprend le 18 mars 1944, sa
promotion au grade de sous-lieutenant.
Le même jour, il est victime d'une collision en vol à l'entraînement avec l'aspirant
Maurice Bourdieu au-dessus de Toula ; Jules Joire réussit à sauter mais il
est rattrapé dans sa descente par son avion qui lui arrache son parachute.
Les deux hommes périssent dans l'accident. Inhumé à Moscou dans un premier
temps, son corps est rapatrié en France et inhumé en avril 1953 au cimetière
militaire de Tourcoing dans le Nord.

. Chevalier de la Légion d'Honneur . Compagnon de la Libération - décret du
28 mai 1945 . Croix de Guerre 39/45 (5 citations) . Médaille de la
Résistance avec Rosette . Médaille des Blessés . Médaille des Evadés



Marcel LEFEVRE
Issu d'un milieu ouvrier, Marcel Lefèvre est né le 17 mars 1918 aux Andelys
(Eure), sixième d'une famille de sept enfants.
Son père en 1923 est victime d'un grave accident de travail, son frère aîné
en 1926, est tué en accomplissant son service militaire.
À 16 ans, Marcel Lefèvre passe brillamment le brevet élémentaire, mais ses
parents ne peuvent pas lui faire continuer ses études, il devient employé de
banque mais continue à étudier lui-même.
Sportif dans l'âme, il rêve de l'aviation et obtient, grâce à l'Aviation
populaire, son brevet de pilote en 1937.
En avril 1938, il s'engage dans l'armée de l'air ; détaché à l'École
d'Angers, il y obtient son brevet de pilote militaire le 1er août 1938. Au
mois de décembre, il est promu sergent.

Élève moniteur à Istres en janvier 1939, puis à Salon en août, il développe
ses talents de pilote. Dès la déclaration de guerre, il devient moniteur de
chasse à Bergerac sur Curtiss H 75.
À l'armistice de juin 1940, il totalise 785 heures de vol mais ressent la
situation avec l'amertume de celui qui n'a pu participer au combat.
Il se fait démobiliser le 1er janvier 1941 et, après un mois passé avec ses
parents, repasse clandestinement la zone de démarcation, fait annuler son
congé et se retrouve affecté à Blida puis au groupe de chasse I/III à Oran
en avril 1941.
Il se lie d'amitié avec deux camarades - Marcel Albert et Albert Durand - et
les trois hommes décident de rallier la France libre.
Le 14 octobre 1941 un exercice est prévu, Marcel Lefèvre aux commandes de
son Dewoitine 520, reçoit l'ordre d'attaquer une cible-avion, il part en
piqué et disparaît en rase-mottes, en direction de Gibraltar. Ses deux
compagnons l'accompagnent. Marcel Lefèvre atteint par erreur le côté
espagnol mais parvient à redécoller devant les carabiniers et à rejoindre le
rocher de justesse.
De Gibraltar, ils embarquent sur une corvette. Le voyage est périlleux,
plusieurs bateaux du convoi sont coulés, et ils participent au sauvetage des
rescapés. Ils arrivent finalement à Londres et Marcel Lefèvre signe son
engagement dans les Forces aériennes françaises libres le 19 décembre 1941.
Affecté au Centre d'Instruction de Camberley, il passe en février 1942 à
l'Operational Training Unit 57 (OTU 57) de Chester et est promu aspirant le
mois suivant.
Le 30 avril 1942, il est affecté au 81 Squadron de la Royal Air Force et est
chargé de la défense de Londres. Il effectue de nombreuses missions sur la
Manche et la France occupée.
Sur l'initiative du général Valin, il est décidé de créer une escadrille de
chasse française sur le front russe. En juillet 1942, Lefèvre et ses deux
amis sont volontaires pour cette escadrille. Après un long voyage qui les
amène à Lagos, puis à Rayak et à Téhéran, ils arrivent en URSS le 29
novembre 1942.
Après trois mois d'entraînement sur les Yak et sous les ordres du commandant
Tulasne, le sous-lieutenant Lefèvre se révèle le plus brillant des
chasseurs. Il participe aux offensives victorieuses de Ielna, Smolensk et
Orcha. Mais, en novembre 1943, le groupe est décimé et épuisé, ayant perdu
vingt pilotes. Marcel Lefèvre, quant à lui, compte onze victoires sûres et
trois probables.
Des pilotes en provenance d'Afrique du Nord renforcent alors le
"Normandie-Niémen" ; Lefèvre sans hésiter ne prend pas les quelques mois de
repos auxquels il a droit, mais se sacrifie pour "mettre en selle" les
nouveaux venus.
Le 25 décembre 1943 il est promu lieutenant et reçoit le commandement de la
3e escadrille "Cherbourg" équipée de matériel neuf. Par ailleurs passionné
par les mours et coutumes de la Russie, il en apprend la langue dans ses
moments de repos.
En mai 1944, le groupe quitte Toula pour repartir au front, dans la région
de Vitebsk.
Le 28 mai 1944, alors qu'il totalise 1 300 heures de vol et 128 missions de
guerre, Marcel Lefèvre part en mission de reconnaissance sur les lignes à la
tête de 11 Yak. Mais son appareil subit une avarie, une fuite d'essence, et
tente alors de le ramener. Au moment où il se pose sur le terrain où
stationne le "Normandie", une immense flamme jaillit sous le ventre de
l'avion et Lefèvre, torche humaine, sort de l'appareil en courant et se
roule sur le sol. Il est immédiatement conduit à l'infirmerie du régiment,
gravement brûlé au visage, aux mains et aux cuisses, mais il garde un bon
moral.
Evacué sur l'hôpital de Moscou Marcel Lefèvre décède le 5 juin 1944. Il est
inhumé à Moscou au cours d'une cérémonie émouvante et solennelle puis, en
1953, dans sa ville natale des Andelys.
. Chevalier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du
11 avril 1944. Croix de Guerre 39/45 (9 citations). Héros de l'Union
Soviétique avec Ordre de Lénine (URSS). Ordre du Drapeau Rouge (URSS). Ordre
de la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS). Ordre de Souvorov

Albert LITTOLFF
Albert Littolff est né le 23 octobre 1911 à Cornimont (Vosges). Son père est
ingénieur et directeur de filatures et tissages. Il est le second des huit
enfants de la famille.
Orphelin très tôt, il arrête ses études pour élever ses frères et sours.
Passionné d'aviation, il obtient une bourse de pilotage pour entrer, en
1931, à l'École Henriot à Châlon-sur-Saône ; engagé volontaire, il décroche
son brevet de pilote et est affecté au 32e Régiment d'Aviation à Dijon.
Pilote chevronné, il est affecté en 1936 à la 7e Escadre de Dijon avec le
grade de sergent-chef et est admis, en raison de ses qualités
exceptionnelles de pilote, dans un groupe de présentation qui se produit à
travers la France et l'Europe.

En février 1939 il est affecté en Tunisie puis de nouveau à Dijon en
octobre, au Groupe de Chasse III/7.
Il abat son premier appareil ennemi le 12 mai 1940 et s'illustre ensuite
pendant la campagne de France où, en tant qu'adjudant-pilote, il remporte
sept victoires aériennes. Il est alors titulaire de la Médaille militaire et
de la Croix de Guerre avec six citations.
Replié avec son groupe sur la base de Toulouse-Francazal, Albert Littolff,
refusant l'armistice, décolle, le 25 juin 1940, aux commandes de son
Dewoitine 520, comme deux de ses camarades, pour rejoindre l'Angleterre où
il s'engage rapidement dans les Forces aériennes françaises libres.
En août, il est promu sous-lieutenant puis participe, en septembre, à
l'opération sur Dakar avec le groupe de combat n° 1. En octobre, il est
affecté à Douala où l'inactivité va réduire le moral des pilotes.
Envoyé au Moyen-Orient, il participe avec l'Escadrille française de Chasse
n°1 (EFC1) à la campagne de Libye en mai 1941 puis, de nouveau au printemps
1942, avec le Groupe de Chasse "Alsace", dont il commande la 2e escadrille,
remportant quatre victoires en combat aérien.
Volontaire pour l'escadrille 'Normandie' dès sa création, Albert Littolff
rejoint l'URSS fin 1942, et participe en 1943 aux opérations aériennes sur
le front central.
Pilote exceptionnellement doué, d'un calme et d'un sang-froid étonnants, il
devient rapidement l'un des leaders de l'escadrille et acquiert très vite
une grande réputation, aussi bien chez ses camarades français que chez les
combattants soviétiques.
Capitaine, il participe avec son unité aux batailles de Spas-Demiansk et
d'Orel au cours desquelles il abat quatre nouveaux appareils ennemis au
cours d'engagements où il fait preuve d'une maîtrise qui le classe parmi les
meilleurs pilotes.
Le 16 juillet 1943, chef d'une patrouille de huit avions de chasse, il
protège dans la région d'Orel un peloton de quinze bombardiers soviétiques
lors d'une attaque par un grand nombre de chasseurs allemands.
Disparu au cours du combat, en même temps que son ailier, Noël Castelain, il
avait alors le palmarès le plus éloquent des pilotes de l'escadrille
'Normandie' avec plus deux mille heures de vol, deux cent dix-huit missions
de guerre et quatorze victoires aériennes homologuées plus quatre probables.
Son corps a été retrouvé dans l'épave de son avion en juillet 1960 et
rapatrié en France en septembre de la même année.
Albert Littolff a été inhumé au carré des militaires morts pour la France
dans le cimetière Saint-Pierre de Marseille.
. Chevalier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du
23 juin 1941. Médaille Militaire. Croix de Guerre 39-45 (10 citations).
Médaille Coloniale avec agrafe "Libye". Ordre de la Guerre pour le Salut de
la Patrie (URSS). Chevalier de la Couronne d'Italie. Croix de Guerre tchèque



Yves MAHÉ
Fils de peintre-décorateur, Yves Mahé est né le 21 novembre 1919 à Nantes en
Loire-Atlantique.
Photograveur de profession, il se passionne pour l'aviation et passe son
brevet de pilote civil à l'"Avia-club" de Château-Bougon. Il s'engage sans
hésiter le 10 octobre 1939 pour la durée de la guerre en qualité d'élève
pilote à la base d'Istres où il obtient son brevet militaire.
Replié, devant l'avancée allemande de juin 1940, en Algérie, à Oran, il
refuse l'armistice et, avec plusieurs camarades dont Jacques Hazard, après
quelques tentatives avortées, parvient à s'évader à bord d'un Caudron Simoun
de la base aérienne de Tafaraoui, dans la nuit du 1er au 2 juillet 1940.
Parvenu à Gibraltar, Yves Mahé s'engage dans les Forces françaises libres
et, avec ses camarades, s'embarque le 7 juillet 1940 sur l'Anadyr, cargo
français ralliant la France libre en Angleterre.

Il retrouve en Grande-Bretagne son frère aîné, Jean Mahé, pilote également
rallié à la France libre et qui sera, lui aussi, fait Compagnon de la
Libération.
Pendant un an, le sous-lieutenant Yves Mahé parfait sa formation de pilote
en Grande-Bretagne avant d'être affecté, le 1er septembre 1941, au 253
Fighter Squadron de la Royal Air Force comme pilote de chasse. Avec son
unité, il participe en qualité de chef de patrouille aux opérations de
défense du territoire notamment la nuit mais également à des missions de
protection de convois maritimes et de mitraillage des positions côtières
ennemies. Promu chef de dispositif en janvier 1942, il abat consécutivement
un Heinkel III et un Junker 88 au-dessus d'York dans la nuit du 29 au 30
avril 1942.
Volontaire pour le Groupe de chasse "Normandie" dès sa création, il obtient
d'être dirigé vers la base de Rayack et affecté au "Normandie", le 15 août
1942. Le Groupe, par décision du général de Gaulle, doit être envoyé sur le
front de l'Est pour combattre auprès des Soviétiques et, de fait, Yves Mahé
parvient en URSS le 29 novembre 1942 avec les premiers pilotes du Groupe.
Engagé avec son escadrille sur le front central, il soutient lors de la
bataille d'Orel, pendant 15 longues minutes, le 13 avril 1943, un combat
inégal seul face à trois FW 190 et réussit à leur échapper après avoir
abattu l'un d'eux.
Il prend part ensuite à toutes les opérations jusqu'au 7 mai 1943, date à
laquelle il est descendu par la DCA ennemie au cours d'une mission de
mitraillage au sol dans la région de Smolensk, à 15 kilomètres à l'intérieur
des lignes ennemies. Fait prisonnier après quelques heures de marche, par
une vingtaine de soldats allemands, blessé à la tête pendant son
atterrissage forcé, il est interrogé puis, quelques jours plus tard, conduit
au camp de Smolensk d'où il s'échappe le 28 mai 1943. Le 10 juin il est
repris alors qu'il s'apprête à passer les lignes. Emprisonné au camp de Lodz
en Pologne, il tente de s'échapper à quatre reprises mais en vain. Évacué
avec l'ensemble du camp en juillet 1944 lors de l'avance de l'Armée Rouge
sur Varsovie, il est amené au camp international de prisonniers de Mühlberg
sur Elbe.
Le 15 août 1944 il est condamné à mort par le tribunal de la Luftwaffe à
Dresde pour tentatives d'évasions répétées et sans doute pour faire partie
du "Normandie". A Mühlberg, lorsqu'il apprend le verdict, Yves Mahé
s'échappe de sa cellule mais sans pouvoir franchir l'enceinte du camp au
sein duquel se trouvent les cellules des condamnés à mort. Il réussit alors
l'exploit de vivre clandestinement à l'intérieur du camp grâce à son
ingéniosité et la complicité de quelques-uns des 20 000 prisonniers qui
partagent son sort. A plusieurs reprises il parvient à s'évader; repris à
chaque fois, il n'est cependant jamais identifié par ses geôliers auxquels
il fournit systématiquement de faux renseignements. Ayant vécu ainsi
clandestinement pendant 9 mois, il doit attendre le 25 avril 1945, date de
la libération du camp, pour pouvoir recouvrer son identité.
Tout juste libéré, il entre en fonction comme officier de liaison près du
commandement soviétique en qualité d'adjoint au colonel commandant les
centres de rapatriement de Torgau et d'Eseinach.
Rentré en France en août 1945, il retrouve sa place au "Normandie-Niemen".
Le lieutenant Yves Mahé a accompli au total 730 heures de vol dont 110 de
nuit et 140 heures de vol de guerre.
Affecté à la 6e Escadre de chasse, il est ensuite en poste au Maroc, à
Rabat, comme capitaine au "Normandie-Niemen".
En 1949, commandant en second du "NN", il sert en Extrême-Orient avant d'en
prendre, en 1952, le commandement. Il est ensuite successivement commandant
en second de la 10e Escadre de chasse à Creil puis commandant de la 5e
Escadre à Orange en 1956.
Le 29 mars 1962, le lieutenant-colonel Yves Mahé décède en service commandé
au cours d'une mission aérienne à Boussu-en-Fagne en Belgique. Il est inhumé
à Issy-les-Moulineaux (92).

. Officier de la Légion d'Honneur . Compagnon de la Libération - décret du
20 janvier 1946 . Croix de Guerre 39/45 (6 citations) . Médaille de la
Résistance avec rosette . Médaille Coloniale avec agrafe "Extrême-Orient" .
Médaille de l'Aéronautique . Ordre de la Victoire (URSS) . Croix de Guerre
Tchécoslovaque



Jacques MATHIS

Jacques Mathis est né le 28 décembre 1914 à Santiago du Chili.
En 1919, il est de retour en France avec ses parents qui s'établissent en
Alsace.
Pilote de tourisme, il s'engage dans l'Armée de l'Air en septembre 1935.
Il entre à l'École d'Istres qu'il quitte en mars 1936 pour suivre un stage
de perfectionnement. Il rejoint ensuite la base aérienne de Nancy et sert à
l'escadrille 121.
En août 1939, il sert au Bataillon de l'Air 110 à Romilly (Loir-et-Cher).
En mai 1940, il est affecté à l'École des moniteurs de Salon-de-Provence.
Il rejoint fin 1940, le groupe de chasse 1/4 à Dakar au Sénégal puis, en
1941, la base aérienne de Gao au Soudan.

Revenu en France en décembre 1941 à Salon-de-Provence, Jacques Mathis
apprend que ses parents, restés en Alsace, risquent d'être expulsés, si les
Allemands apprennent qu'il sert toujours dans l'Armée de l'Air.
Il donne alors sa démission et devient moniteur de ski alpin et passe
également son brevet de moniteur de planeur en mars 1942.
Supportant mal l'armistice, il décide de rejoindre l'Angleterre pour
poursuivre le combat. Évadé de France par l'Espagne avec son ami Firmin
Vermeil, fin 1942, après plusieurs tentatives infructueuses, il rejoint
Londres où il s'engage dans les Forces aériennes françaises libres en
janvier 1943.
Il est tout de suite volontaire pour le Groupe de Chasse n° 3 "Normandie"
qui opère sur le front de l'Est. Nommé aspirant, il rejoint le "Normandie"
début juin 1943. Dès son arrivée en URSS, il participe, sous le commandement
du capitaine Pouyade, aux offensives du front central soviétique, à l'offensive
sur Orel puis sur Briansk, Ielnia et Smolensk. Jacques Mathis se révèle
immédiatement comme un élément de valeur exceptionnelle. Pilote de chasse, d'un
moral à toute épreuve, il sait, même dans les moments les plus difficiles,
conserver un moral et un sang-froid qui en font un chef de patrouille les
plus écoutés.
Calme et décidé, il obtient très vite deux victoires officielles, puis deux
autres. Jacques Mathis est descendu en flamme le 6 septembre 1943, au cours
d'un engagement surprise contre des chasseurs ennemis. Il saute en parachute
et réussit à regagner les lignes amies malgré de graves brûlures au visage
et aux mains, et, par son attitude et son courage, provoque l'admiration de
ses camarades de combat français et soviétiques.
Rapatrié en Angleterre, le sous-lieutenant Mathis demande, dès sa guérison,
à reprendre le combat dans les Forces aériennes.
Promu lieutenant en juin 1944, il est affecté, le mois suivant, à la 53
Operationnal Training Unit (OTU) de Church Fenton, pour un stage de
perfectionnement sur appareils britanniques.
Le 31 août 1944, en Angleterre, il trouve la mort en exercice de nuit à
South Holton le Moor à bord d'un Spitfire. Le sous-lieutenant Mathis a été
inhumé au cimetière militaire de Brookwood en Grande-Bretagne.
. Chevalier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du
20 novembre 1944. Croix de Guerre (5 citations). Ordre de la Guerre pour le
Salut de la Patrie (URSS)



Yves MOURIER
Fils d'officier général, Yves Mourier est né le 30 septembre 1912 à Avignon,
dans le Vaucluse.
Bachelier, il s'engage le 30 septembre 1933 pour 5 ans, à l'intendance
militaire d'Avignon au titre du 2e Bataillon de l'Air ; il est en stage de
pilotage à Istres, du 1er octobre 1933 au 15 juin 1934.
Il est nommé caporal le 25 mars 1934, puis caporal-chef le 16 avril 1934
avant de suivre un stage de chasse à Étampes du 25 juillet au 25 septembre
dont il sort avec le brevet de pilote.
Promu sergent le 16 avril 1935, il est affecté à la base aérienne n° 104,
puis quitte le 2e Bataillon de l'Air le 30 octobre 1935.
En subsistance au 8e Génie, il effectue ensuite un stage de vol sans moteur
le 15 juin 1936.

Le 14 août 1936, il rejoint sa formation. Affecté à la base aérienne de
Villacoublay, il est rayé des contrôles de la Base aérienne n°104 le 1er
octobre 1936. Il entre à l'École de l'Air (division du personnel navigant)
le 13 septembre 1937, passe son brevet d'observateur en avion et est promu
au grade de sous-lieutenant le 15 septembre 1938.
Il est ensuite affecté à la 21e Escadre aérienne, à Bordeaux le 7 novembre
1938, puis à la 7e Escadre aérienne de Dijon le 7 juin 1939, au Groupe de
Chasse III/7.
Il participe à un stage de vol à haute altitude à Toulouse, en janvier 1940,
puis à la campagne de France. Yves Mourier, le 14 mai 1940, descend, avec sa
patrouille, quatre Henschel 126 ennemis. Une semaine plus tard, il prend le
commandement de la 5e Escadrille. Le 20 juin 1940, il abat un autre Henschel
126.
Après la dissolution de son GC, Yves Mourier est affecté à l'État-major du
Groupement de Chasse 22 à Toulouse, le 15 août 1940.
Promu lieutenant, Yves Mourier sert ensuite au groupe de chasse 2/1 à Tunis,
à partir de novembre 1940. Il est breveté chef de patrouille en avril 1941.
Yves Mourier est ensuite affecté à Air Levant le 13 juin 1941. Dans le but
de gagner les Forces aériennes françaises libres, il accepte le convoyage,
de Rhodes vers la Syrie, de Dewoitine 520, et pour sa première mission, il
se pose à Alep à bout de carburant (Rhodes-Alep représente la distance
maximale franchissable avec un D.520). Son avion lui est enlevé dès son
arrivée et il est renvoyé en France par avion de transport. Le 5 juillet
1941, il fait un second convoyage jusqu'à Alep. Affecté en Syrie à la 5e
escadrille du Groupe de Chasse III/6, les avions étant très surveillés, il
ne peut en prendre aucun.
Le 9 juillet 1941, à bord d'un avion de transport, il quitte Alep pour
Athènes. De là, le 11 juillet, il s'envole sur un D.520 à destination de la
Syrie, espérant bien cette fois parvenir à ses fins. Mais un accident
mécanique provoque un incendie à bord et il se voit contrait d'écraser son
avion en Turquie où il reste prisonnier pendant 21 mois.
Yves Mourier s'évade le 13 mars 1943, dans des circonstances très
périlleuses, et reste caché pendant huit jours dans une voiture afin de
pouvoir regagner la Syrie où il s'engage dans les Forces aériennes
françaises libres le 22 mars.
Il rejoint ensuite la Grande-Bretagne, à Camberley le 23 mars 1943, puis est
affecté, à sa demande, au Groupe de Chasse Normandie le 15 août 1943.
Il arrive en URSS le 14 septembre 1943 et prend part avec sa nouvelle unité
à l'offensive sur le secteur de Ielna puis de Sloboda. En octobre 1943, les
pilotes français prennent les quartiers d'hiver à Toula. Le 13, il abat un
FW 190.
Promu au grade de capitaine le 25 décembre 1943, Yves Mourier reçoit, le 1er
février 1944, le commandement de la 2e Escadrille du Normandie.
A partir du 22 juin 1944 l'unité passe dans l'offensive d'été menée par l'armée
Soviétique, elle est chargée de la couverture au sol et de l'escorte de
bombardiers et d'appareils de reconnaissance.
Le capitaine Mourier est ensuite basé, avec le Normandie, en Lituanie et
prend part à l'attaque lancée contre Königsberg le 16 octobre 1944.
Le 25 octobre 1944 il est renvoyé au Moyen Orient pour raisons de santé. Il
est titulaire de 4 victoire sur des FW 190 avec le groupe Normandie.
Le 24 mars 1945, il est affecté chef de cabinet à l'Inspection générale de l'Armée
de l'Air avec le grade de commandant. Il termine la guerre avec 9 victoires
homologuées.
Début mars 1947, il est nommé chef d'État-major du général Valin, inspecteur
général de l'armée de l'air.
Muté en février 1948 comme commandant en second de la Base école de Meknès,
le commandant Mourier qui compte alors plus de 1300 heures de vol s'abîme en
mer, lors d'un vol d'entraînement sur Spitfire, entre Rabat et Meknès, le
1er avril 1948. Son corps ne sera pas retrouvé.

. Commandeur de la Légion d'Honneur . Compagnon de la Libération - décret du
16 octobre 1945 . Croix de Guerre 1939-1945 (9 citations) . Ordre du Drapeau
Rouge (URSS) . Ordre de la Victoire (URSS)



André MOYNET
Fils d'industriel, André Moynet est né le 19 juillet 1921 à Saint-Mandé dans
le Val-de-Marne.
Il fait ses études secondaires au collège Saint-Michel et au lycée Voltaire
à Paris.
Bachelier, il contracte à 18 ans, le 26 décembre 1939, un engagement
volontaire dans l'armée de l'air pour la durée de la guerre ; il passe par
l'école de pilotage de Tarbes avant de suivre un stage de perfectionnement à
Dax et est promu au grade de caporal-chef en mai 1940.
André Moynet s'évade de France le 24 juin 1940 depuis Saint-Jean-de-Luz en
embarquant clandestinement à bord de l'Ettrick, bâtiment rapatriant en
Grande-Bretagne des troupes polonaises.
Débarqué à Plymouth, il s'engage dans les Forces françaises libres le 1er
juillet 1940.

Naturellement affecté aux Forces aériennes françaises libres, André Moynet
participe, jusqu'en décembre 1940, comme volontaire du Groupe mixte de
combat n°1 aux opérations de Dakar, du Cameroun, du Tchad et du Gabon sous
les ordres du lieutenant-colonel de Marmier.
Après un stage d'un an dans un centre d'entraînement britannique, le sergent
Moynet est promu sous-lieutenant de réserve et affecté, en mai 1942, au
Groupe de chasse "Ile-de-France". Au sein du groupe il se distingue
particulièrement au cours des nombreuses missions qu'il effectue tant
au-dessus de l'Angleterre que sur le nord de la France.
Il reçoit ses galons de lieutenant en décembre 1942 et effectue, début 1943,
un nouveau passage dans un centre d'entraînement anglais - cette fois-ci
comme instructeur.
En novembre 1943, il se porte volontaire pour le Groupe de chasse n° 3
"Normandie" qui combat auprès des Soviétiques sur le front de l'Est. Il
rejoint le "Normandie" à la fin de janvier 1944 et, jusqu'en décembre,
améliore son tableau de chasse avec sa nouvelle unité.
De retour en France avec le grade de capitaine en février 1945, André Moynet
a rempli 115 missions aériennes totalisant 150 heures de vol de guerre. Il
est, en outre, titulaire de 12 victoires dont 4 probables et compte à son
actif deux F.W. 190 endommagés et la destruction au sol de deux postes de
DCA, d'une station de radio locale, d'un train, de plusieurs camions et
véhicules légers sans compter les mitraillages de troupes.
A la fin de la guerre, il prend la tête de l'École de chasse de Toulouse
puis de l'École des Moniteurs de Tours (1945-1946) avant d'entreprendre une
carrière politique.
De 1946 à 1967 il est député de Saône-et-Loire (Indépendant).
André Moynet est reçu au concours de l'École du personnel navigant d'essais
de Brétigny en 1951 et est promu commandant en février 1953.
Ministre chargé de coordonner l'action gouvernementale en faveur de la
jeunesse au sein du gouvernement Mendès-France (novembre 1954 - février
1955), il est également, de 1962 à 1967, Président de la Commission de la
Défense nationale à l'Assemblée nationale.
Rappelé en Algérie en 1956, il y effectue 76 missions aériennes.
Parallèlement, il est toujours chef pilote d'essais dans l'aviation. Il met
au point des appareils aussi performants que la Caravelle, à Sud Aviation ;
il donne même son nom à un avion de chez Matra, le Moynet Jupiter 360. Il
conçoit et réalise également en 1968 une voiture de sport prototype dont le
modèle 1975 gagnera les 24 heures du Mans.
André Moynet est nommé colonel de l'armée de l'air en 1968.
PDG des Etablissements Saint-Chamond Granat à Courbevoie de 1967 à 1975, il
est, en 1971, élu maire de Biot dans les Alpes-Maritimes.
André Moynet est décédé le 2 mai 1993 à Nice. Ses obsèques se sont déroulées
en la cathédrale d'Antibes. Il a été inhumé au cimetière de Biot.
. Grand Officier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret
du 17 novembre 1945. Croix de Guerre 39/45 (11 citations). Médaille de la
Résistance. Médaille de l'Aéronautique. Silver Star (USA). Air Medal (USA).
Ordre de la Guerre pour le salut de la Patrie, 1er, 2e et 3e degrés (URSS).
Ordre du Drapeau Rouge (URSS). Médaille de la Résistance (Pologne). Ordre de
l'Aigle Blanc de Serbie (Yougoslavie). Mérite Aéronautique (Brésil)




Joseph POULIQUEN

Joseph Pouliquen est né le 20 novembre 1897 à Saint-Malo en Ille-et-Vilaine.
Son père était greffier en chef au tribunal civil de Saint-Malo.
Après avoir obtenu la première partie de son baccalauréat, il décide, à
l'âge de dix-sept ans, de s'engager pour la durée de la guerre, en mars
1915.
Incorporé à Dinan, il se porte volontaire pour les Dardanelles avec le 176e
Régiment d'infanterie. De retour d'expédition, le caporal Pouliquen part
effectuer à Saint-Cyr un stage à l'issue duquel il est nommé sergent.
Il est ensuite affecté au 26e RI et envoyé au front où il est blessé, en
avril 1917, au Chemin des Dames.

Déclaré inapte à la vie dans les tranchées, il obtient en janvier 1918 son
brevet de pilote pour ensuite prendre les commandes d'un bombardier Breguet
biplan.
Après avoir rempli environ 30 missions qui l'ont entraîné jusqu'en
Tchécoslovaquie où il en remplit une vingtaine d'autres, il est démobilisé,
en novembre 1919, avec quatre citations à sa Croix de Guerre et la Médaille
militaire.
Rapidement passé sous-lieutenant dans la réserve, il commence alors une
brillante carrière dans la presse, étant notamment le créateur des célèbres
petites annonces du quotidien Paris Soir.
Mobilisé en 1939 avec le grade de capitaine, Joseph Pouliquen est affecté à
Toulouse puis à Orly et enfin, en avril 1940, dans le désert de Syrie comme
commandant de la base aérienne de Palmyre.
C'est au Liban, en juin, qu'il apprend la capitulation. Démobilisé en
novembre 1940, il rentre à Saint-Malo où, refusant d'abandonner la lutte, il
décide de rallier les Forces françaises libres. Ne pouvant gagner
l'Angleterre par la mer, il parvient à passer en Zone libre où il retrouve
ses amis de Paris Soir ; le directeur du journal lui établit alors un
prétendu "ordre de mission" le chargeant d'effectuer des reportages en
Afrique.
En avril 1941 il réussit à gagner Oran puis Alger ; après un long voyage et
400 kilomètres à pied dans la brousse, le capitaine Pouliquen parvient enfin
à Freetown en Sierra-Leone où il signe son engagement dans les Forces
françaises libres, le 29 septembre 1941.
Volontaire pour une mission à Beyrouth et désirant être affecté dans une
unité combattante, il est nommé, en novembre 1941, adjoint du commandant
Tulasne, commandant le Groupe de chasse "Alsace". Le Groupe est alors chargé
de la défense d'Haïfa avec des appareils en piteux état puis de missions de
convoyage d'appareils neufs.
Le 25 janvier 1942 Joseph Pouliquen prend la tête du Groupe "Alsace" sur les
rives du canal de Suez en pleine campagne de Libye. Quelques jours plus
tard, il prend également, pour deux mois, le commandement du Groupe de
bombardement "Lorraine" dont le personnel est envoyé immédiatement au repos
en Syrie.
Il est promu au grade de commandant le 15 mars 1942.
Sous ses ordres, après Bir-Hakeim, en juin 1942, le Groupe "Alsace"
participe activement à la campagne de Libye et particulièrement à la défense
de la ville d'Alexandrie menacée par les forces italo-allemandes commandées
par le général Rommel.
En septembre 1942, à Beyrouth, le commandant Pouliquen apprend qu'il lui est
confié la mission de former un nouveau groupe de chasse destiné à se battre
sur le front de l'Est aux côtés de l'Armée Rouge. Il entreprend alors la
formation du Groupe de chasse n° 3, bientôt appelé "Normandie", qui rejoint
bientôt, sous sa direction, l'Union soviétique.
En mars 1943 il quitte le commandement du "Normandie" pour retourner en
Angleterre où il est nommé, en juin, commandant adjoint du Groupe de
bombardement "Lorraine" avec lequel il accomplit plusieurs missions
au-dessus de l'Allemagne comme mitrailleur de tourelle.
En février 1944, il est nommé adjoint au colonel commandant les FAFL en
Grande-Bretagne et affecté en qualité d'officier supérieur de liaison auprès
du commandement britannique du Wing 145 pour les opérations de Normandie, du
nord de la France et de Belgique.
Promu lieutenant-colonel en mars 1945, il retourne au combat avec le
"Lorraine" à la fin du mois avril 1945, effectuant cinq nouvelles missions
offensives sur Brême et Hambourg notamment.
Démobilisé un an plus tard, Joseph Pouliquen s'établit comme antiquaire à
Saint-Paul-de-Vence.
En 1974, il quitte le Midi pour retrouver sa ville natale de Saint-Malo dont
il est fait citoyen d'Honneur en 1980.
Joseph Pouliquen est décédé le 24 septembre 1988 à Paris, à l'Institution
Nationale des Invalides. Ses obsèques se sont déroulées en l'église
Saint-Louis-des-Invalides. Il a été inhumé à Saint-Meloir-des-Ondes en
Ille-et-Vilaine.
. Grand Officier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret
du 16 octobre 1945. Médaille Militaire. Croix de Guerre 14/18 (4 citations).
Croix de Guerre 39/45 (2 citations). Croix de Guerre des TOE (1 citation).
Médaille Coloniale avec agrafe "Libye". Officier de l'Ordre de l'Empire
Britannique. Ordre de la Guerre pour la Patrie (URSS). Ordre de la Victoire
(URSS). Croix de Guerre Tchécoslovaque. Croix de Guerre Yougoslave



Pierre POUYADE
Pierre Pouyade est né le 25 juillet 1911 à Cerisiers dans l'Yonne. Son père
était militaire de carrière.
Après des études secondaires au Prytanée militaire de la Flèche et le
baccalauréat, il entre, en 1931, à Saint-Cyr (promotion Tafilalet) avant de
poursuivre sa formation militaire à l'école d'application de l'armée de
l'air àVersailles de 1933 à 1935.
Breveté pilote en 1934, il sert successivement comme lieutenant à la 6e
escadre de chasse à Chartres puis à la 4e Escadre à Reims.
Il est nommé capitaine en juin 1939.
Pendant la campagne de France il commande une escadrille de chasse de nuit
sur Potez 631. Le 2 juin 1940 il obtient une victoire probable et est
lui-même descendu en flammes et blessé.

En novembre 1940, il est ensuite envoyé en Indochine où il dirige une
escadrille de Morane 406. En Indochine occupée par les Japonais, où le
gouvernement de Vichy garde son influence, Pierre Pouyade sait qu'il lui
faut s'évader s'il veut poursuivre la lutte.
Le 2 octobre 1942, il s'échappe aux commandes d'un Potez 25 vers la Chine où
il parvient à atteindre le plateau du Yunan sur lequel il se pose. Recueilli
par des aviateurs américains puis accueilli par la petite mission de la
France combattante à Tchung-King, il entreprend ensuite un périple long et
mouvementé qui, par les Indes, l'Arabie, le Soudan, le Tchad, le Nigéria et
les Etats-Unis, le conduit enfin à Londres en février 1943.
Invité à s'entretenir de l'Indochine avec le général de Gaulle, il apprend
au cours de la discussion l'arrivée sur le front de l'Est du Groupe de
chasse "Normandie" créé par le général Valin ; celui-ci lui demande de
recruter à Londres un nombre suffisant de pilotes pour former une seconde
escadrille dont on lui confiera le commandement. Le commandant Pouyade
s'exécute et, en juin 1943, rejoint sa nouvelle unité près de Moscou. Le 18
juillet 1943, au lendemain de la disparition du commandant Tulasne, tué en
combat aérien, il le remplace au commandement de l'ensemble du groupe
"Normandie".
Il conduit ses hommes au combat dans les grandes opérations aériennes en
appui des offensives de l'Armée rouge dans les secteurs d'Orel, d'Ielna, de
Smolensk ou d'Orcha. Au cours de ces combats, il abat personnellement 5
avions ennemis en faisant la preuve de ses grandes qualités de chef et de
pilote.
Le 11 novembre 1944, il laisse le commandement du "Normandie" au commandant
Delfino et retrouve la France en janvier 1945. Victime d'un grave accident
de voiture, il ne peut retourner au front avant le 19 avril 1945, date à
laquelle il rejoint le Normandie-Niémen en URSS.
Il termine la guerre avec 8 victoires aériennes dont 2 homologuées et le
grade de lieutenant-colonel.
Nommé inspecteur de l'Aviation de chasse, Vincent Auriol le désigne comme
attaché air à la Présidence de la République (1947-1950).
Pierre Pouyade est ensuite nommé attaché militaire, naval et de l'air en
Argentine (1950-1953) puis auditeur et instructeur au collège de défense de
l'OTAN (1953-1956).
Général de brigade aérienne en 1956, Pierre Pouyade prend sa retraite de
l'Armée la même année. Il compte à son actif 4 500 heures de vol dont 286
heures de guerre en 178 missions.
Il devient conseiller spécial de l'Union des Syndicats d'Industries
aéronautiques et spatiales pour les relations avec l'URSS et directeur du
département étranger de la Société RICOM.
Député de la Corrèze en 1966 en remplacement de Jean Charbonnel dont il
était le suppléant depuis 1962, il est, en mars 1967, élu député du Var (3e
circonscription de Toulon) où il est également conseiller général.
Réélu après la dissolution de l'Assemblée en 1968, il ne se représente pas à
la législature suivante.
Membre de la présidence de l'Association France-URSS, il reçoit, en 1977, le
prix Lénine de la Paix.
Pierre Pouyade est décédé à Bandol dans le Var le 5 septembre 1979. Ses
cendres ont été immergées au large de Toulon.

Grand Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 10 décembre 1943
Croix de Guerre 39/45 (13 citations)
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille de l'Aéronautique
Ordre du Drapeau Rouge (URSS)
Médaille de la Victoire (URSS)
Ordre d'Alexandre Nevski (URSS)
Commandeur du Victoriam Order (GB)
Croix de Guerre (Tchécoslovaquie)
Grand Officier du Dragon d'Annam
Commandeur de l'Etoile Noire (Bénin)



Roland de LA POYPE
Roland Paulze d'Ivoy de la Poype est né le 28 juillet 1920 aux Pradeaux
(Puy-de-Dôme) ; son père, ingénieur agronome et colonel de réserve, sera tué
à l'ennemi en mai 1940.
Pensionnaire chez les Jésuites au Mans, il se passionne pour l'Aviation.
Le 5 décembre 1939, Roland de la Poype, étudiant, s'engage pour la durée de
la guerre au Bataillon de l'Air 131 du Mans. Affecté comme élève pilote à l'École
élémentaire de pilotage d'Angers, il est promu caporal et breveté pilote en
février 1940.
Pilote à l'Ecole principale d'aviation d'Etampes en mars 1940, il entend
l'Appel du 18 juin et décide de rallier l'Angleterre. Il quitte la France à
Saint-Jean-de-Luz le 24 juin 1940 en embarquant clandestinement sur l'Ettrick,
un bateau polonais, à destination de l'Angleterre.
Parvenu à Plymouth, il s'engage rapidement dans les Forces aériennes
françaises libres ; il est promu au grade de sergent le 1 er août 1940.

Il prend part à l'expédition de Dakar puis à la campagne du Gabon en qualité
de mitrailleur du Groupe réservé de bombardement n° 1 (GRB 1).
En novembre 1940, il est renvoyé en Grande-Bretagne pour parfaire son
entraînement dans les écoles de pilotage de la Royal Air Force, à Odiham en
février 1941 puis à Sywell en avril et à Ternhill en juillet.
A partir d'octobre 1941, Roland de la Poype suit les cours de l'Operationnal
Training Unit de Llandow au Pays de Galles avant d'être affecté au Squadron
602 en février 1942 au sud de Londres. Il est pendant six mois l'adjoint du
chef de groupe, l'as irlandais Paddy Finucane. Pendant cette période, il
escorte des bombardiers dans leurs missions.
Promu au grade d'aspirant en mars 1942, il endommage un Messerschmitt 109 le
13 avril 1942 et abat son premier avion ennemi, également un Messerschmitt
109, le 22 août 1942.
Après une soixantaine de missions et la mort de Paddy Finucane, il se porte
volontaire pour rejoindre le Groupe de chasse n°3 « Normandie » qui doit se
constituer au Moyen-Orient avant de partir pour la Russie.
Il arrive en Russie à Astrakan via l'Afrique noire, l'Egypte et Téhéran fin
novembre 1942 avec le premier contingent du CG 3.
Sous-lieutenant, pilote chef de patrouille, à bord de son Yak de fabrication
soviétique, Roland de la Poype est ensuite nommé commandant en second de la
1ère Escadrille du Groupe de chasse n°3 « Normandie » en octobre 1943.
Promu lieutenant en décembre 1943, Roland de la Poype se distinguera pendant
les opérations d'Orel, de Briansk, d'Ielna, de Smolensk, de Vitebsk,
d'Orcha, de Borissov, de Minsk et bien sûr du Niemen. Au cours des batailles
du front de l'Est, il abat 15 appareils ennemis (des Junker 87 et 88, des
Messerschmitt 109, des Focke Wulf 190). A deux reprises, le 14 et le 16
octobre 1944, il abat deux appareils dans la même journée.
Fait « héros de l'Union soviétique » avec son camarade Marcel Albert, Roland
de la Poype, après une permission en France début 1945, reçoit le
commandement de la 1ère Escadrille avec le grade de capitaine.
La guerre terminée, après un bref séjour à Moscou, le Régiment part pour la
France et arrive au Bourget le 20 juin 1945. Comme tous les autres pilotes
survivants du Régiment, Roland de la Poype, en raison de sa conduite au
combat, titulaire de 10 citations à l'ordre de l'armée aérienne et de 2
citations à l'ordre de l'aviation de chasse, et totalisant 1 200 heures de
vol est autorisé par Staline à ramener son Yak sur le territoire français.
Affecté au 2e Bureau de l'Etat-major de l'Armée de l'Air en mars 1946,
Roland de la Poype quitte l'armée en 1947.
Le commandant de réserve Roland de la Poype, redevenu civil exerce après la
guerre, plusieurs fonctions. Agriculteur (propriétaire de fermes modèles,
éleveur), et industriel (Société d'Études et d'Applications du Plastique),
il est l'inventeur du berlingot Dop et de la Méhari.
Il est également maire de Champigné (Maine et Loire) et fondateur du
Marineland d'Antibes.
Roland de la Poype est nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération
en septembre 2002.
. Grand Croix de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du
29 décembre 1944. Croix de Guerre 39/45 (12 citations). Croix de Guerre
Tchécoslovaque. Héros de l'Union Soviétique (URSS). Ordre du Drapeau Rouge
(URSS). Ordre de Lénine (URSS). Mérite de la Guerre pour la Patrie (URSS).
Ordre de la Victoire (URSS)
Publication :
. L'Epopée du Normandie-Niémen. Mémoires. Perrin 2007 (en collaboration avec
Jean-Charles Stasi)

Jean REY

Jean Rey est né le 9 juillet 1920 à Bergerac en Dordogne.
Il suit les cours de l'école communale avant d'arrêter ses études. Il
s'engage, à 17 ans, dans l'aviation civile avant de passer, en juin 1939,
dans l'armée de l'Air muni de son brevet de pilote civil.
Breveté pilote militaire le 27 juillet 1939, Jean Rey, après quelques mois
passés à La Rochelle, est muté à Etampes, à l'Ecole acrobatique, avant
d'être envoyé en Afrique du Nord, à la base de Fez où il parvient le 31
décembre 1939, avec le grade de sergent.
Affecté en mars 1940 à la base aérienne de Canrobert, il rejoint celle de
Meknès en juillet 1940. Contraint à l'inaction par l'armistice, il tente
avec quelques camarades de rallier les Forces françaises libres en passant
par Gibraltar.

Ne parvenant pas à mettre en route l'appareil choisit pour l'évasion, le
petit groupe est arrêté au départ, sur le terrain d'aviation de Fez en
janvier 1941. Incarcéré à la prison de Meknès, Jean Rey est jugé le 10 août
1941 et condamné à 10 ans de travaux forcés. Interné à la forteresse
militaire de Port-Lyautey il doit sa libération, quelque 20 mois plus tard,
le 17 novembre 1942, au débarquement allié en Afrique du Nord.
Parvenu à Londres en février 1943, il s'engage aussitôt dans les Forces
aériennes françaises libres et poursuit un entraînement actif à Camberley.
Nommé aspirant le 15 mars 1943, il se porte volontaire pour le front russe
et rejoint, le 3 août 1943, le Groupe de Chasse "Normandie" qui combat en
URSS aux côtés de l'Armée Rouge.
Le 28 août, pour sa première mission de liaison, l'avion estafette U2
biplace à bord duquel se trouve Jean Rey s'égare et passe les lignes
allemandes dans la région de Ielnia. Violemment pris à parti par la Flak
allemande, l'appareil est criblé de projectiles et l'aspirant Rey est tué à
son poste d'observation par des éclats d'obus.
Le pilote de l'avion, le sous-lieutenant Astier, malgré une blessure,
parvient à ramener l'appareil et le corps de Jean Rey dans les lignes
russes; il avait accompli 300 heures de vol.
Jean Rey est inhumé dans sa ville natale de Bergerac.

Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 11 avril 1944
Croix de Guerre 39/45 avec palme
Médaille des Services Volontaires dans la France Libre



Joseph RISSO
Joseph Risso est né le 23 janvier 1920 à Cadolive dans les Bouches-du-Rhône.
Son père était ouvrier mineur.
Après ses études secondaires il passe avec succès les épreuves de sélection
de l'Ecole de pilotage d'Istres et commence en 1938 son apprentissage à
l'Ecole Caudron d'Ambérieu-en-Bugey et est rapidement breveté pilote.
Sous-officier d'active en 1939, son groupe est transféré en Afrique du Nord
en mai 1940.
A l'annonce de l'armistice, il décide de continuer à se battre et, fin juin
1940, il s'évade de Nouvion en Algérie avec deux camarades à bord d'un
Simoun à destination de Gibraltar.

Posé en territoire espagnol, Joseph Risso est fait prisonnier et doit être
rapatrié en France. Le 6 août 1940, grâce au secrétaire de l'attaché
militaire de l'ambassade de France qui lui fournit de faux-papiers, il
quitte clandestinement Madrid et, via Barcelone, rejoint la France libre le
3 septembre 1940.
A Londres, il est envoyé en stage à l'École de pilotage britannique d'Odiham
puis à l'Operationnal Training Unit de Debben.
En août 1941, il est affecté au 253 Squadron de la RAF comme spécialiste de
la chasse de nuit.
Affecté ensuite au Groupe de chasse n° 3 "Normandie" dès sa création, Joseph
Risso part en août 1942 pour l'URSS où il parvient le 28 novembre avec le
premier contingent du "Normandie".
Dès mars 1943, après un apprentissage sur Yak-7, il rejoint le front et
prend part aux campagnes d'Orel, de Briansk, de Smolensk, du Niemen jusqu'en
décembre 1944.
En juillet 1943, il effectue douze missions de guerre et abat deux appareils
ennemis. Les 30 et 31 août, il abat deux nouveaux avions et en endommage un
autre. Le 14 septembre 1943, il obtient sa cinquième victoire en combat
aérien au cours d'une mission de protection de bombardiers russes en arrière
des lignes ennemies. Cinq jours plus tard, il abat un autre Junker 87 puis à
nouveau deux autres le 22 septembre 1943 au cours de la même mission de
couverture de l'offensive sur Smolensk.
En 1944, Joseph Risso participe aux opérations victorieuses de Vitebsk,
d'Orcha, de la Berezina, de Minsk, de Vilno et de Prusse-Orientale,
effectuant vingt-cinq missions offensives dont cinq escortes de bombardiers
profondément en territoire adverse.
Le 18 octobre 1944, il remporte sa 10e victoire officielle en abattant un
Henschel 129 au-dessus de la Prusse-Orientale. Une semaine plus tard, il
intercepte un peloton de chasseurs bombardiers allemands et remporte sa 11e
victoire auxquelles s'ajoutent quatre victoires probables.
Entre septembre 1941 et décembre 1944, le lieutenant Risso a exécuté 205
missions totalisant 196 heures de vol de guerre et a obtenu 10 citations à
l'ordre de l'Armée Aérienne.
Après la guerre il poursuit sa carrière militaire ; en avril 1947, il est
capitaine et prend le commandement d'une escadrille du "Normandie-Niemen" à
Rabat avant d'être affecté à l'Etat-major de la 5e Région aérienne à Alger.
En 1949, il commande un escadron puis la Division d'instruction en vol de
l'Ecole chasse de Meknès ; en 1952 il est affecté à la Base aérienne de
Cazaux.
En 1954 il commande en second la 11e Escadre à Luxeuil puis, deux ans plus
tard, il met sur pied et commande la 13e Escadre de chasse à Lahr et Colmar.
De 1958 à 1963 il commande différents organismes de défense aérienne puis,
jusqu'en 1965, le centre d'opérations du secteur interallié n° 4.
Successivement auditeur au Collège de Défense de l'OTAN, au Centre des
hautes études militaires (CHEM), à l'Institut des hautes études de la
Défense nationale (IHEDN) et au Centre des études militaires (CEM) de 1965 à
1970.
Le 31 mars 1970, Joseph Risso est promu général de brigade aérienne et
quitte l'Armée de l'Air un an plus tard.
Joseph Risso est décédé le 24 novembre 2005 dans sa ville natale de Cadolive
où il est inhumé.

. Grand Croix de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du
29 décembre 1944. Grand Croix de l'Ordre National du Mérite. Croix de Guerre
39/45 (10 citations). Médaille de la Résistance. Croix du Combattant
Volontaire de la Résistance. Médaille Commémorative 39/45. Ordre du Drapeau
Rouge (URSS). Ordre de la Victoire (URSS). Ordre de la Guerre pour le Salut
de la Patrie (URSS). Ordre Alexandre Newsky (URSS). Croix de Guerre
Tchécoslovaque



Jean de TEDESCO
Jean de Tedesco est né le 28 mars 1920 à Paris.
En décembre 1939, il intègre l'école de l'Air de Salon-de-Provence et est
promu sous-lieutenant en mars 1940.
Replié à Mont-de-Marsan avec l'Ecole de l'Air, il est breveté pilote le 21
mai 1940. La base aérienne de Mont-de-Marsan est dirigée sur Bordeaux le 19
juin 1940.
Refusant la défaite, Jean de Tedesco quitte l'école pour gagner Port-Vendres
où, le 24 juin au matin, déguisé en officier polonais, il embarque sur un
navire égyptien, l'Apapa, à destination de l'Angleterre.
Arrivé à Liverpool début juillet, il s'engage dans les Forces aériennes
françaises libres et est envoyé sur la base de la Royal Air Force à Saint
Athan près de Cardiff où sont regroupés les aviateurs français.

Envoyé à l'entraînement sur la base d'Odiham puis à Turnhill, à la mi-août
1941, il est en stage au 59 Operationnal Training Unit de la RAF et est
promu lieutenant un mois plus tard.
Après un passage d'un mois au 257 Squadron, il est affecté au groupe de
chasse n°2 "Ile de France" (340 Squadron) alors en cours de formation à
Turnhouse.
Il appartient à la 1ère escadrille "Paris" sous les ordres du capitaine
Dupérier et prend part comme chef de patrouille à toutes les missions
offensives de la RAF au-dessus du territoire français. Le 3 mai 1942, dans
la région de Calais, son appareil est gravement touché mais il obtient quand
même une première victoire aérienne contre un FW 190, avant d'être contraint
à un atterrissage forcé sur le terrain de Manston.
Mis au repos après le décès, le 23 août 1942 de son camarade, le lieutenant
Coignard, lors d'une mission accomplie à basse altitude sur la côte
française, le lieutenant de Tedesco est affecté le 15 octobre 1942 au 611
Squadron à Biggin Hill dans le Kent.
Il remporte une seconde victoire en abattant un FW 190 au-dessus de la
Manche le 2 novembre 1942 et rejoint quelques jours plus tard, les rangs du
GC "Ile-de-France".
Ayant pris part à plus de 45 missions offensives, il est mis au repos puis
détaché au QG de l'Air à Londres fin avril 1943.
Jean de Tedesco se porte volontaire pour servir dans le groupe de chasse
"Normandie" sur le front russe.
Il rejoint le groupe en URSS le 9 juin 1943 et prend part immédiatement aux
dangereuses opérations menées pendant la bataille d'Orel.
Il totalise 624 heures de vol dont 116 de guerre, 97 missions de guerre et 2
victoires officielles en Angleterre lorsqu'il disparaît le 14 juillet 1943,
abattu en combat aérien dans la région de Balkov au cours d'un dur
engagement contre plusieurs BF 110. Son corps n'a pas été retrouvé.
. Chevalier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du
11 octobre 1943 . Croix de Guerre 39/45 (3 citations)



Jean TULASNE
Issu d'une famille tourangelle, Jean Tulasne est né le 27 novembre 1912 à
Nancy où son père, officier de cavalerie passé dans l'aviation en 1915,
était en garnison.
Il fait ses études secondaires au Prytanée de la Flèche et entre à Saint-Cyr
en 1931 (promotion Tafilalet).
Sorti en 1933 avec les galons de sous-lieutenant, il passe ensuite deux ans
à l'Ecole de l'Air de Versailles avant d'être versé dans la 15e Escadre de
Bombardement à Avord. Souhaitant intégrer une unité de chasse, il demande sa
mutation qui intervient en avril 1937 ; il est alors affecté à la 3e Escadre
de Chasse à Dijon.
En octobre 1938, il est envoyé comme instructeur à l'Ecole de l'Air de
Salon-de-Provence.

En mai 1939, Jean Tulasne est affecté en Tunisie à l'Escadrille régionale de
Chasse 574 de Tunis-El Aouina et, en juin, est nommé capitaine. En
septembre, son escadrille est transférée à Oran et intégrée au G.C. II/9 ;
il prend alors le commandement de la 4e Escadrille. Il passe ensuite au G.C.
I/7 et prend le commandement de la 2e Escadrille.
En janvier 1940, il est rapatrié en France avec son Groupe de Chasse pour
trois semaines au terme desquelles il est envoyé au camp de Rayack au Liban
dans le cadre des Forces aériennes de Groupement mobile du Levant.
Transféré en mai 1940 sur un terrain de la plaine de la Bekaa avec son
unité, le capitaine Tulasne brûle d'envie de participer au conflit qui fait
rage en France mais l'armistice intervient avant son transfert en métropole.
Rendu responsable de la désertion de trois de ses camarades (le lieutenant
Péronne et les sous-officiers Coudray et Ballatore), partis fin juin
rejoindre les Forces françaises libres, Jean Tulasne est d'abord interdit de
vol puis autorisé à voler de nouveau mais sous surveillance uniquement.
Le 5 décembre 1940, au cours d'une sortie au large de Beyrouth, il simule
une panne de moteur, tombe en piqué et, au ras des vagues, met le cap vers
la Palestine. Il se pose à Lydda près de Haïffa où il retrouve ses anciens
camarades incorporés au Free French Flight n° 2 et est dirigé vers le Q.G.
britannique à Jérusalem avec l'officier de liaison des FFL en Palestine.
Pour les autorités de Vichy, le capitaine Tulasne est officiellement porté
"disparu en mer" et a même les honneurs d'un requiem solennel dans la
cathédrale de Beyrouth.
En Palestine il obtient d'être incorporé dans un squadron de chasse qui doit
participer prochainement à des opérations sur le front de Libye. Il s'engage
le 9 décembre dans la RAF avec le grade de Flight Lieutenant et passe deux
semaines à Ismailia pour parfaire son entraînement. Noté comme "pilote
exceptionnel", il rejoint à la mi-janvier 1941 le 274e Squadron qui se bat
contre les Italiens dans la région de Tobrouk.
Fin février 1941, il est promu commandant et nommé par le général de Gaulle
Chef d'Etat-major des Forces aériennes françaises libres (FAFL) au
Moyen-Orient en remplacement du colonel de Marmier ; il doit alors partir
s'installer au Caire, quittant le front a contrecour.
Le 15 septembre 1941 est créé le Groupe de Chasse "Alsace" immédiatement
placé sous les ordres du commandant Tulasne qui laisse l'Etat-major au
colonel Astier de Villatte.
Après plusieurs mois de préparation et d'entraînement, le Groupe de Chasse
"Alsace" part pour l'Egypte en janvier 1942 assister la 8ème Armée
Britannique au cours de la bataille de Gazala. Tulasne participe à l'action
jusqu'au 15 juin effectuant 16 missions de guerre pour 20 heures de vol
avant de recevoir l'ordre de se replier avec son groupe devant l'avancée des
troupes de Rommel.
Affecté à la couverture d'Alexandrie avec son unité, il se voit confier le
commandement tactique d'un nouveau groupe de chasse destiné à se battre sur
le front russe : le Groupe de Chasse " Normandie".
Le 1er décembre 1942, les volontaires français parviennent sur le sol russe,
après un voyage de trois semaines.
Après quatre mois d'instruction et de formation des pilotes, le GC
"Normandie" est opérationnel. Il est équipé d'appareils soviétiques : les
Yak.
En avril 1943 ont lieu les premières sorties du groupe et les premières
victoires. Jean Tulasne effectue deux à trois sorties par jour, escortant
des bombardiers, accomplissant des couvertures ou des missions de chasse
libre.
Le 23 juin 1943, il abat un FW 190 ; début juillet, la grande offensive
russe se prépare dans la région d'Orel et le "Normandie" est inclus dans le
plan d'attaque. Le 15 et le 16 juillet, Jean Tulasne abat consécutivement
deux avions ennemis.
Le 17 juillet en fin d'après-midi dans la région d'Orel, au cours d'un
nouveau combat aérien contre des FW 190, le commandant Jean Tulasne
disparaît en vol. Il a accompli dans sa carrière près de 2 000 heures de vol
et rempli 96 missions de guerre en 132 heures de vol.
. Officier de la Légion d'Honneur. Compagnon de la Libération - décret du 11
octobre 1943. Croix de Guerre 39/45 (5 citations). Médaille Coloniale avec
agrafe "Libye". Médaille du Levant. Ordre de la Guerre pour le Salut de la
Patrie (URSS)


Firmin VERMEIL
Firmin Vermeil est né à Châlon-sur-Saône le 24 septembre 1914.
Engagé dans l'aviation en 1934 au 2e Bataillon de l'air comme élève pilote,
il est breveté en août 1935 et se révèle très rapidement un excellent
pilote, plein d'ardeur et de sang-froid.
Affecté à la Base aérienne 112 à Reims, il est promu sergent en novembre
1935.
Il connaît différentes affectations et est moniteur à l'Ecole d'acrobatie de
Salon-de-Provence au moment de la déclaration de guerre. Il demande à servir
dans une unité combattante et se voit affecté à Châteauroux où il s'initie
au bombardement en piqué.
Après l'armistice, Firmin Vermeil est affecté au Batailllon de l'Air 206 à
Meknès où il est démobilisé le 20 août 1940.

Il s'associe aux mouvements de Résistance dès leur création, mais désireux
de reprendre sa place dans une unité aérienne, il s'évade de France par l'Espagne
en 1942 en compagnie de son ami Jacques Mathis et rejoint les Forces
françaises libres à Londres après avoir été interné en Espagne.
Il signe son engagement dans les Forces aériennes françaises libres le 8
janvier 1943 et se porte volontaire pour servir au Groupe de chasse n°3
"Normandie". Il rejoint celle-ci sur le front germano-soviétique le 9 juin
1943. Ses qualités de pilote et son ardeur à combattre lui permettent d'être
incorporé presque aussitôt et de participer aux offensives de sa nouvelle
unité dans la région d'Orel sur le front central soviétique.
Il a à son actif une victoire aérienne, 1 014 heures de vol et 13 missions
de guerre lorsqu'il disparaît en combat aérien le 17 juillet 1943, le même
jour que le commandant Jean Tulasne, face à des chasseurs ennemis supérieurs
en nombre, dans le secteur de Znamenskaïa, à environ 20 kilomètres au
nord-ouest d'Orel. Son corps n'a pas été retrouvé.

. Chevalier de la Légion d'Honneur . Compagnon de la Libération - décret du
11 octobre 1943 . Croix de Guerre avec palme
PatP
2010-08-25 12:08:26 UTC
Permalink
extraction du sitehttp://www.ordredelaliberation.fr/fr_unite/normandie.html
Le Régiment de chasse "Normandie-Niemen"
Tout ca c' est bien joli mais personne n' a répondu
a ma question :
Est-ce que certains français du NN se sont établis
en URSS a la fin du conflit?

Patp
titi
2010-08-25 12:15:59 UTC
Permalink
Post by Yourodivi
extraction du
sitehttp://www.ordredelaliberation.fr/fr_unite/normandie.html
Le Régiment de chasse "Normandie-Niemen"
Tout ca c' est bien joli mais personne n' a répondu
a ma question :
Est-ce que certains français du NN se sont établis
en URSS a la fin du conflit?

Patp

Il y a eu des tués, des blessés, gravement, mais aucun n'est devenu fou.

A noter : Marcel Albert, qui a risqué sa vie maintes fois pour continuer le
combat contre ceux qui avaient envahi la France, lui, il s'est installé aux
USA, ce fameux pays dont on parlait ici il y quelques jours et qui a tant et
tant de choses pas bien.

;-)
PatP
2010-08-25 12:35:31 UTC
Permalink
Post by Yourodivi
extraction du
sitehttp://www.ordredelaliberation.fr/fr_unite/normandie.html
Le Régiment de chasse "Normandie-Niemen"
 Tout ca c' est bien joli mais personne n' a répondu
Est-ce que certains français du NN se sont établis
en URSS a la fin du conflit?
Patp
Il y a eu des tués, des blessés, gravement, mais aucun n'est devenu fou.
Idem pour les Russes, aucun ne voulait venir en France.Ce
qui se comprends aisément vu le contexte de l' époque.
(abstraction faite de la propagande).

Curieux quand même pour le NN vu les excellents contacts
(plutôt rapprochés pour certains) qu' ils avaient avec les
autochtones.(f & m).
Pour info les historiens estiment que plus de 3000 français
se sont installés en Russie pendant les guerres Napoléoniennes.

Patp
titi
2010-08-25 12:45:17 UTC
Permalink
Post by PatP
Post by Yourodivi
extraction du
sitehttp://www.ordredelaliberation.fr/fr_unite/normandie.html
Le Régiment de chasse "Normandie-Niemen"
Tout ca c' est bien joli mais personne n' a répondu
Est-ce que certains français du NN se sont établis
en URSS a la fin du conflit?
Patp
Il y a eu des tués, des blessés, gravement, mais aucun n'est devenu fou.
Idem pour les Russes, aucun ne voulait venir en France.Ce
qui se comprends aisément vu le contexte de l' époque.
(abstraction faite de la propagande).

Curieux quand même pour le NN vu les excellents contacts
(plutôt rapprochés pour certains) qu' ils avaient avec les
autochtones.(f & m).
Pour info les historiens estiment que plus de 3000 français
se sont installés en Russie pendant les guerres Napoléoniennes.

Patp

Kanechna!!

Trés simple à comprendre,
1) les RussEs (F), quand elles sont belles, elles sont TRES TRES TRES
belles.
2) les Français, même les "normaux" ils adorent les belles femmes, alors tu
parles que dans la Chasse ... !!!!

Euhh pour les 3000, c'était justement "avant" les bolchéviques.
Pour "après", c'est plus la technique
"mariage-bistra-bouquet-de-fleurs-au-mausolé-VISA-taxi-sheremetievo-davai-davai-parij-k-jenchina-i-samalot"

Je plaisantais, à moitié.
JPaulV
2010-08-25 12:50:55 UTC
Permalink
Post by PatP
Idem pour les Russes, aucun ne voulait venir en France.
euh... si le Yankee n'avait pas occupé l'hexagone, le ruskof se serait
arrêté à la Pointe du Raz

--
***@lement JPaulV
PatP
2010-08-25 12:58:06 UTC
Permalink
Post by JPaulV
euh... si le Yankee n'avait pas occupé l'hexagone, le ruskof se serait
arrêté à la Pointe du Raz
Il aurait juste remplacé le teuton, en attendant le prochain...
titi
2010-08-25 13:29:35 UTC
Permalink
Post by JPaulV
euh... si le Yankee n'avait pas occupé l'hexagone, le ruskof se serait
arrêté à la Pointe du Raz
Il aurait juste remplacé le teuton, en attendant le prochain...

Une copine (.... soupir nostalgique) Russe ... me disait en 83 :
Si un jour il n'y a plus besoin de visa, dépechez vous de grimper dans les
arbres, sinon, les tovaritchs vont vous pietiner.

Elle n'avait pas tout juste sur au moins deux points :

1) les tovaritchs qui nous montent dessus sont plutot ceux des républiques
frères ou des états soeurs, comme vous préférez,

2) les "petits malins" qui sont venus de là bas avant l'ouverture du rideau,
sont plus conscients du risque que la majorité bien pensante des bovins "de
souche", et donc plus enclins à ne pas apprecier que justement on puisse
venir jusque devant nos gendarmeries couper ces arbres qui devaient assurer
notre salut(cf
http://www.lanouvellerepublique.fr/ACTUALITE/Faits-Divers/24-Heures/Emeutes-a-Saint-Aignan-apres-la-mort-d-un-jeune).
PatP
2010-08-25 16:12:35 UTC
Permalink
Post by titi
1) les tovaritchs qui nous montent dessus sont plutot ceux des républiques
frères ou des états soeurs, comme vous préférez,
Exact a 100% les Russes eux ont déjà amorcé le mouvement inverse.
Mais moi j' ai plus l' impression d' être "piétiné" par la culture
boisson
marron qui fait des bulles

Patp
Alien 76585
2010-08-25 16:15:12 UTC
Permalink
Post by PatP
Post by titi
1) les tovaritchs qui nous montent dessus sont plutot ceux des républiques
frères ou des états soeurs, comme vous préférez,
Exact a 100% les Russes eux ont déjà amorcé le mouvement inverse.
Mais moi j' ai plus l' impression d' être "piétiné" par la culture
boisson
marron qui fait des bulles
Patp
t'inquiète, bientôt ce sera hallal, burqa et minaret... désolé, mais pas
sûr qu'on y gagne au change !
JPaulV
2010-08-26 07:13:44 UTC
Permalink
Post by Alien 76585
t'inquiète, bientôt ce sera hallal, burqa et minaret... désolé, mais pas
sûr qu'on y gagne au change !
C'est en marche
La chaine française de restau rapide, nous c'est le goût, mise sur le tout
hallal.
Quand la charia aura droit de cité, on verra bien si les dealers de
quartiers feront encore les marioles

--
***@lement JPaulV
JPaulV
2010-08-25 12:55:24 UTC
Permalink
Post by PatP
Pour info les historiens estiment que plus de 3000
français se sont installés en Russie pendant les
guerres Napoléoniennes.
Vladimir Ilitch Oulianov n'avait pas encore démarré son génocide.

--
***@lement JPaulV
PatP
2010-08-25 13:13:54 UTC
Permalink
Post by JPaulV
Vladimir Ilitch Oulianov n'avait pas encore démarré son génocide.
--
Mais eux avaient connus 1789 et la suite, alors en matière
de révolution c' est qui les meilleurs.

Et pour répondre a Titi concernant les femmes russes, il
faut préciser que la française de l' époque était encore celle
d' avant-guerre alors que les femmes Russes occupaient
les mêmes emplois que les hommes. Vu le coté macho-
pas- modeste du pilote masculin moyen ca a du leur faire
peur de rester avec elles.

Patp
HPC
2010-08-30 13:11:08 UTC
Permalink
Post by PatP
Post by JPaulV
Vladimir Ilitch Oulianov n'avait pas encore démarré son génocide.
--
Mais eux avaient connus 1789 et la suite, alors en matière
de révolution c' est qui les meilleurs.
Et pour répondre a Titi concernant les femmes russes, il
faut préciser que la française de l' époque était encore celle
d' avant-guerre alors que les femmes Russes occupaient
les mêmes emplois que les hommes. Vu le coté macho-
pas- modeste du pilote masculin moyen ca a du leur faire
peur de rester avec elles.
mouais, faut quand même savoir que ce type de relations était interdit
par l'armée soviétique.
Néanmoins, il y a eu un mariage avec "exportation" non sans peine de la
belle vers la France.

Accessoirement, la motivation profonde des pil français pour aller
la-bas était de prendre une revanche contre les teutons, pas de défiler
le poing en l'air à la gloire du communisme.
Cette formation était vraisemblablement la plus fournie en noms à
particule de toute l'histoire de la chasse française ( et l'attentif
aura remarqué que je ne dis pas "Armée de l'Air Française" et que je
parle encore moins de "régiment", car là, ce serait trop simple.... ;)
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